Réparation : Toit du four à pain

Appel aux dons de matériaux

Le four à pain du village a souffert cet hiver ! La commission vivre ensemble souhaite restaurer sa toiture et cherche à récupérer des matériaux.

  • Pièce de bois de longueur d'environ 3m, toutes sections > 5x5cm (bois rond ou carré)
  • Tuiles provençales
  • Tubes, coudes et chapeau (cheminée)

Merci de votre générosité !!
la commission vivre ensemble
(s'adresser à Manuel Prat et Sophie Cordier)

 

 

 

Le four à pain en terre crue d'Éourres

Ce four a été construit par l'Association Liens, Enseignements, Sens et Autonomie sous la conduite de Laurent, venu de Belgique.

La construction du four a commencé en juin 2009 et nous l'avons inauguré le 17 octobre 2009.

Depuis, nous essayons qu'il serve régulièrement. Dans le village, nous sommes plusieurs habitants à y cuire notre pain aux beaux jours. Nous essayons donc d'allumer le four une fois par semaine à tour de rôle. Mais comme il a été prévu pour contenir 30 kg de pain, il faut en moyenne 3 heures de chauffe pour arriver à une température convenable. Ce qui en décourage certains ...

De nombreuses fêtes de village ont déjà eu lieu près du four. Nous y cuisons des pizza que nous mangeons ensemble dans une ambiance chaleureuse et festive.

Principe de construction 

Le four est constitué de quatre couches :

  1. une couche réfractaire en sable et terre
  2. une couche armature en terre et paille qui soutient toute la structure
  3. une couche d'isolation thermique très épaisse (double des autres couches) en paille et terre
  4. une couche hydrofuge terre-chaux

La forme en voûte de ce four est courante. Elle a l'avantage d'être autostable comme celle d'un coquillage et elle permet à la chaleur accumulée dans la terre d'être au plus près du pain.

Nous avons utilisé la terre d'Éourres. C'était idéal: nous avons à Éourres, une terre très argileuse.

À titre indicatif, nous donnons au point suivant, les proportions que nous avons utilisées dans nos différents mélanges pour construire le four à Éourres.

Étapes de la construction du four d'Éourres

Avant de commencer la construction du four, nous avons construit un support pour l'y déposer: un plancher à 82 cm du sol, déposé sur une structure en parpaings et poutres en bois, prévoyant que la partie qui reçoit les produits enfournés du four soit à une hauteur de coude quand on est debout, pour faciliter l'enfournement-défournement.

Et comme il s'agissait d'un four extérieur, on a aussi construit une structure permettant d'y poser une toiture (de fortune dans un premier temps), et d'y attacher des bâches sur les côtés, afin de protéger le futur four de la pluie, mais aussi du soleil (il n'est en effet pas bon que la terre sèche trop vite).

Sur le plancher, on a commencé par la couche d'isolation thermique de 16 cm: un mélange paille-barbotine (6 parts de paille non tassée + 1 part de terre sans y avoir ajouté l'eau). La barbotine appelée aussi gobetis est un mélange de terre et d'eau (conservée dans notre cas, dans un récipient dans lequel a fermenté de l'orge) ayant la consistance d'une pâte à crêpe.

Le mélange terre-paille

On est ensuite passé à la couche armature de 8 cm: un mélange terre-paille (1 part de terre + 1 part de paille coupée à 15 cm environ). On a ajouté à ce mélange, de l'eau dans laquelle a fermenté de l'orge, jusqu'à l'obtention d'un produit humide qui ne coule pas.

On a ensuite posé sur une couche réfractaire pour faire la sole (voir ci-dessous) de 3 cm, des briques plates réfractaires sur lesquelles on a coulé une barbotine sans produit fermentant

four_etape02

On a alors étalé du papier journal que l'on a triplé, sur lequel on a posé un tas de sable auquel on a donné une forme voûtée, d'après les dimensions du plan ci-dessous. Ensuite, on a recouvert le tas de papier journal. (Le papier journal nous indique à quel moment il faut que l'on s'arrête de creuser, au moment où l'on doit enlever le sable).

Préparation de la voûte

On a alors repris en inversant les couches: sur le tas de sable, on a commencé par la couche réfractaire de 8 cm: un mélange terre-sable (1 part de terre + 4 parts de sable de rivière). L'eau ajoutée n'a pas été en contact avec un produit fermentant. L'aspect est celui d'un béton maigre pour ceux qui pratiquent la maçonnerie.

Plus il y a de sable, meilleure est la résistance à la chaleur, mais moins c'est facile à modeler. Nous sommes arrivés à un mélange qui est à la limite du modelage, et qui demande une grande pression pour être homogène.

On a enchaîné avec la couche armature de 8 cm, puis la couche d'isolation thermique de 16 cm. Enfin, on a terminé par la couche hydrofuge terre-chaux de 2 cm (1/2 part de terre + 1/2 part de chaux + 1 part de paille coupée à 1cm + 1 part de sable fin).

Réalisaton du dôme 1Réalisaton du dôme 2

On est alors entré dans une période de séchage. Il doit être le plus long possible (au minimum 3 semaines). Si vous voulez utiliser le four alors qu'il n'est pas assez sec, l'eau qui reste dans la terre va se transformer en vapeur et la pression de la vapeur va faire éclater le four. Il est préférable de laisser sécher le four naturellement pendant deux mois (en veillant à ce que le soleil ne tape pas directement sur la construction).

Four prendant le séchage

Après les trois premières semaines de séchage, nous avons vidé le four du sable que nous y avions déposé pour lui donner sa forme voûtée. Il est important d'attendre au moins deux semaines afin que le four ait pu commencer à durcir. Il faut cependant laisser le four continuer à sécher après l'avoir vidé car le sable l'empêchait de le faire complètement.

Vérification du four après les premières chauffes

Plan

Proportions

Comme tout appareil de chauffage au bois, il est important de respecter des proportions entre l'arrivée d'air et la sortie des fumées pour permettre un bon tirage: un rapport de 63% entre la hauteur de la porte et la hauteur maximale de la voûte. Si on est plus bas à l'entrée, le tirage n'est pas bon, et si on est plus haut, la chaleur s'en va trop rapidement et ça chauffe mal et consomme plus de bois.

Le four d'Éourres a une plus grande capacité que celui correspondant au plan ci-dessus. Nous avons donc multiplié toutes les dimensions figurant sur le schéma par un facteur d'échelle nous permettant de cuire entre 25 et 30 kilos de pain à la fois.

Attention: plus le four est grand, plus vous aurez de travail, plus la chauffe sera longue, plus vous consommerez de bois... Pour ne pas que le pain brûle, il vous faudra aussi remplir le four le plus proche de sa capacité prévue! Donc, si le four est gros, vous aurez l'obligation d'effectuer de grosses fournées à chaque fois.

Le four en activité

Premières chauffes

Les premières chauffes doivent être progressives dans la durée et dans l'intensité, c'est ce qu'on appelle le dérhumage (qui est d'ailleurs recommandé après une longue période d'inactivité du four). En pratique, on procède tous les jours et durant une semaine à des feux de plus en plus forts, jusqu'à arriver à la première mise en température de fonctionnement, reconnaissable lorsque la voûte est devenue blanche, ou lorsqu'une pincée de farine jetée sur la sole s'enflamme rapidement.

four_pizzaUtilisations diverses

Pour le pain, le principe de ce four, comme la plupart d'entre eux, est de faire un feu à l'intérieur jusqu'à ce qu'il soit suffisamment chaud (entre 200 et 250° C), de retirer alors les braises, d'enfourner, de fermer et de laisser cuire. Il est de ce fait indispensable que le four ne refroidisse pas trop vite durant la cuisson.

La pizza est quant à elle, cuite à côté des braises. À Éourres, nous enfournons d'abord les pizza, et puis le pain après avoir retiré toutes les braises.

Des tartes et gâteaux en tout genre peuvent également y être cuits.

Quand tout a été cuit, on peut encore profiter de ce four qui restera chaud pendant quelques jours, pour y sécher des fruits.